Qu’est ce que la dysphagie?

Nous savons que le vieillissement humain implique des changements structurels, fonctionnels et neuronaux. De tels changements peuvent compromettre divers organes et fonctions. L’une des fonctions qui se distingue est la déglutition.

Qu’est ce que la dysphagie?

La dysphagie est le nom donné aux problèmes de déglutition. L’acte de déglutition requiert l’intégrité d’un ensemble de structures interdépendantes, impliquant des actions et des réflexes mécaniques, de caractère neuromusculaire, qui dépend d’un système dynamique et synchronique. Grâce à ce processus complexe, la nourriture doit être acheminée de la bouche à l’estomac en toute sécurité. En d’autres termes, sans laisser la matière ingérée pénétrer dans les voies respiratoires. La dysphagie est un échec dans ce processus. Elle peut être due à des changements résultant de maladies neurologiques telles que la maladie de Parkinson, les accidents vasculaires cérébraux, la maladie d’Alzheimer et la myasthénie grave. Elle peut également résulter de changements structurels dus à des tumeurs et à des traumatismes. Lorsqu’elle se produit simplement en raison de modifications inhérentes au processus de vieillissement.

Les complications de la dysphagie

Les complications de la dysphagie impliquent un risque de malnutrition, de déshydratation, de complications respiratoires et de pneumonie par aspiration. Considérant que l’heure du repas doit représenter un moment agréable de socialisation et d’interaction familiale, la dysphagie a également des impacts sociaux et émotionnels. Lorsque la déglutition devient un défi, les personnes âgées préfèrent souvent s’isoler, ce qui peut compromettre un vieillissement sain. Ces troubles de la déglutition ou problème de déglutition rendent pénible la prise du repas et peuvent être la cause d’une perte d’appétit et d’une diminution de la consommation alimentaire des personnes âgées. Dans les cas les plus graves, la dysphagie peut conduire à des fausses routes fragilisant les voies pulmonaires et pouvant aller jusqu’à l’étouffement. Les aliments offrant une texture adaptée constituent une solution pour faciliter et sécuriser l’alimentation des patients dysphagiques. La déglutition est un acte habituellement non conscient. Elle nécessite la coordination d’un grand nombre d’activités volontaires et reflexes. Elle touche surtout les personnes âgées mais également les personnes qui ont subi un AVC, ou atteinte de maladie neurodégératives.

Quelles sont les causes de la dysphagie ?

Les troubles liées à la dysphagie peuvent toucher plus de la moitié des patients ayant subi un accident vasculaire cérébrale et jusqu’à 80 % des patients atteints de la maladie d’Alzheimer ou de maladie neurodégénératives. On estime que 60 % des personnes âgées à domicile peuvent avoir des difficultés à avaler, avoir une déglutition difficile, rencontrer une gêne à la déglutition, et donc à s’alimenter et à s’hydrater. Les troubles de la déglutition sont fréquents dans de nombreuses pathologies. Ils peuvent survenir dans les situations suivantes : maladies neurodégénératives, post-accident vasculaire cérébrale, affections de la sphère O.R.L, ou plus simplement manque de force musculaire ou mauvais état dentaire lié à l’âge. On distingue deux types de dysphagie :

– la dysphagie oro-laryngo-pharyngée,

– la dysphagie oesophagienne.

Chacune de ses dysphagies ayant des causes physiopathologiques caractéristiques.

Mais que faire lorsque cela se produit ?

S’il s’agit d’une personne âgée en bonne santé cognitive, il faut faire appel à un orthophoniste. Ce professionnel de la santé peut aider les personnes âgées à réapprendre à avaler. Lorsqu’on parle d’un porteur de maladie dégénérative, l’idéal est d’avoir l’accompagnement d’une équipe de santé multidisciplinaire, avec médecin, orthophoniste et nutritionniste. De manière simplifiée, il y a quelques précautions à prendre pour aider les personnes âgées atteintes de dysphagie, il ne s’agit pas d’un traitement pour inverser la condition.

– Environnement et posture : offrir la nourriture dans un endroit calme et sans distractions. Idéalement, la personne âgée devrait être assise avec la tête légèrement inclinée vers l’avant et le soignant devrait être assis à la même hauteur.

– Adaptation du régime alimentaire : offrir des repas plus petits, plus souvent dans la journée, opter pour des aliments légers et mous ou pâteux, éviter les liquides clairs comme les thés, car le risque d’aspiration est plus grand, éviter les aliments durs, sableux et secs, eau et biscuits salés, farine.

– Alimentation : le fait de sentir la cuillère sur la langue stimule le réflexe de déglutition. Préférez donc les cuillères aux seringues. Proposez toujours de petites quantités et évitez de parler pendant l’alimentation.

Dans les cas extrêmes, il convient d’utiliser d’autres voies d’alimentation telles que la sonde naso-gastrique. Mais ces cas doivent être évalués par un médecin et un nutritionniste.

Gestion des symptômes de dysphagie

Le traitement de la dysphagie varie en fonction de ce qui cause vos problèmes de déglutition. Si votre dysphagie est causée par le reflux gastro-œsophagien pathologique RGO, les traitements consistent souvent à garder les symptômes de RGO sous contrôle tout en réduisant les symptômes de dysphagie. La dysphagie peut être effrayante, mais il est possible d’éviter qu’elle devienne chronique. Si vous avez du mal à avaler, consultez votre médecin le plus tôt possible pour discuter des options de traitement. La dysphagie rend plus difficile l’assimilation d’une alimentation et d’une hydratation suffisantes, et peut également indiquer un problème sous-jacent plus grave. Les autres risques associés à la dysphagie comprennent un risque accru d’infections pulmonaires, de difficultés d’aspiration et de pneumonie.

Traitement de la dysphagie

Si votre dysphagie est causée par une accumulation de tissu cicatriciel dans votre œsophage, votre médecin vous recommandera peut-être une dilatation de l’œsophage. Cette intervention consiste à insérer un endoscope muni d’un ballonnet dans votre œsophage. Le ballonnet est ensuite gonflé pour dilater doucement votre œsophage. D’autres interventions endoscopiques peuvent être réalisées pour renforcer le sphincter œsophagien inférieur séparant votre estomac de votre œsophage. En renforçant ce sphincter, il devient plus apte à empêcher les reflux d’acide dans votre gorge. Dans de rares cas, les parties gravement endommagées de l’œsophage peuvent être retirées. Dans les cas graves où les changements d’habitudes de vie ne suffisent pas à traiter la dysphagie, une intervention chirurgicale peut être nécessaire. Certaines des interventions chirurgicales utilisées pour traiter le RGO aident également à réduire ou éliminer les symptômes de la dysphagie.