Comment éviter la fragilité chez les personnes âgées ?

Publié le : 18 décembre 20208 mins de lecture

Lorsqu’on parle d’une personne âgée, l’idée de fragilité vient souvent à l’esprit. C’est-à-dire une personne vulnérable. Quelqu’un qui se trouve à un seuil étroit entre autonomie et dépendance. On pense à une personne qui peut souffrir d’une perte soudaine de structure et marcher rapidement vers un décès. Cette image est fausse et ne correspond qu’à la fin d’un processus de vieillissement infructueux. Ce n’est pas ce qu’on recherche lorsqu’on opte, tout au long de la vie, pour une alimentation saine, un exercice physique régulier et un mode de vie favorable au vieillissement en bonne santé. Certaines personnes âgées deviennent plus fragiles au cours du processus de vieillissement.

La fragilité des personnes âgées

La fragilité est définie comme le résultat de changements physiologiques et biologiques liés à l’âge, le résultat d’une ou plusieurs maladies. Mais pourquoi est-il intéressant de classer le patient fragile ? En effet, en cas de maladie, ils ont tendance à prendre plus de temps pour retrouver leur schéma fonctionnel. En raison d’une perte musculaire plus rapide, d’un état pro-inflammatoire et pro-thrombotique plus important, ces personnes ont plus de difficultés à se rétablir. La fragilité permet de prédire l’invalidité, la morbidité et la mortalité chez les personnes âgées. C’est un état de pré-incapacité et il est réversible. Sur le plan clinique, elle peut être diagnostiquée selon les critères suivants : perte de poids involontaire : plus de 4,5 kg ou plus de 5 du poids corporel au cours de la dernière année. La population âgée est caractérisée par son extrême hétérogénéité. D’une façon didactique, on peut distinguer 3 modes évolutifs principaux de vieillissement.

– Le vieillissement robuste et usuel avec une absence ou une atteinte très minime des fonctions physiologiques et une absence de pathologie comprenant environ 50 % de la population. C’est l’un des objectifs principaux de la gérontologie préventive. Ce modèle implique à la fois le fonctionnement physique, mental et psychosocial avec une dimension subjective importante incluant les notions de bien-être et de satisfaction de vie.

– Le vieillissement « fragile » avec quelques atteintes des fonctions physiologiques souvent infra clinique et sans rapport avec une pathologie bien définie. Le terme de fragilité est un concept gériatrique récent qui suggère un état d’instabilité avec risque de perte fonctionnelle ou de majoration de la perte fonctionnelle existante. La fragilité est définie comme une diminution des réserves physiologiques de la personne vieillissante. L’adaptation du sujet aux différents événements stressants de la vie : psychologiques, accidentels ou maladies étant plus difficiles, il est plus à risque de perte d’autonomie. La fragilité est donc un état instable avec risque de perte d’une fonction. Il s’agit par ailleurs d’un état réversible. Ces 2 caractéristiques : instabilité et réversibilité soulignent toute l’importance du diagnostic de fragilité. En effet, c’est à ce stade que les interventions peuvent être les plus efficaces ; le but de la prise en charge étant de rejoindre une trajectoire de vieillissement réussi. Les données épidémiologiques européennes montrent qu’environ 30 % des sujets de plus de 65 ans sont pré-fragiles et 15 % fragiles. Les travaux de ces dernières années ont surtout démontrés que le dépistage de la fragilité et l’organisation de mesure préventives permettaient de ralentir le déclin fonctionnel. Dépister et traiter la fragilité semble être une réponse pertinente à la prévention de la dépendance.

– Le vieillissement avec dépendance fréquemment associé aux pathologies sévères évolutives ou compliquées et/ou handicap. Cela concerne environ 10 % des sujets âgés. Ces sujets sont dépendants, fréquemment hospitalisés ou en institution. Ce sont de consommateurs de soins importants. Malgré les efforts et les moyens délivrés pour les aider, leur état de dépendance est le plus souvent irréversible.

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Comment éviter la fragilité chez les personnes âgées ?

Les sujets âgés fragiles, présentant un risque élevé de dépendance, ne sont actuellement pas pris en compte par notre système de santé. La démarche de dépistage, d’évaluation et d’interventions chez ces sujets n’est pas instaurée. Ceci est regrettable, car une fois installées, les incapacités et la dépendance sont rarement réversibles, quels que soient l’ampleur et le coût des interventions. La prévention en est pourtant possible à condition que nos efforts soient centrés sur ceux qui sont les plus à même d’en bénéficier. Les sujets âgés fragiles constituent une population cible pouvant bénéficier d’interventions spécifiques. Les personnes qui répondent à trois critères ou plus sont considérées comme fragiles. Ceux qui répondent à un ou deux critères sont classés comme pré-fragile. Aucun critère rempli ne permet de classer les personnes âgées comme fortes. Et que peut faire la nutrition pour maintenir les personnes âgées hors de l’état de fragilité ? Orientation vers un bon état nutritionnel où les personnes âgées peuvent maintenir leur santé physique, fonctionnelle et métabolique. Chaque fois que cela est nécessaire, indiquer l’utilisation de suppléments de macro ou de micronutriments lorsque la personne âgée n’atteint pas l’apport nécessaire en nutriments et en calories provenant de son seul régime alimentaire, pour des raisons qui devraient toujours être accompagnées par un professionnel qualifié pour réduire le risque de fragilité. Dans le cas des personnes âgées fragiles, la correction des carences nutritionnelles, tant en macro qu’en micronutriments, ainsi que la pratique d’exercices physiques, inversent le tableau de la fragilité, en l’éloignant d’une situation de handicap et en améliorant le pronostic dans les cas d’infection, de déshydratation, de chute, d’hospitalisation, entre autres. Si la personne âgée ne montre aucun intérêt pour la nourriture, sachez qu’elle peut avoir moins de goût. Pour une orientation personnalisée, demandez toujours l’accompagnement d’un nutritionniste professionnel. Pour une approche plus spécialisée, recherchez un nutritionniste hospitalier. C’est un professionnel qui a beaucoup à offrir à l’adulte âgé et qui ne fait généralement pas partie de l’équipe de santé qui s’occupe de cette population.

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