La vision sociale de la dépendance des personnes âgées

Depuis plusieurs années, beaucoup d’études sociales sur le vieillissement ont été réalisées. Ce point de vue social sur l’évolution de l’être humain vieillissant peut nous aider à promouvoir un vieillissement en bonne santé. Il a été démontré que le soutien social et les réseaux sociaux physiques des personnes qui se rencontrent personnellement ont des effets significatifs sur la santé et le fonctionnement des personnes âgées. Bien que les théoriciens spéculent que l’intensité de ces effets peut varier en fonction des caractéristiques sociodémographiques et de l’état de santé antérieur. La vérité est que peu d’études ont directement testé les effets modérateurs de ces variables. 

Le vieillissement en santé

Dans les sociétés occidentales, le vieillissement démographique soulève de multiples enjeux économiques et sociaux et influence l’organisation des services en santé et services sociaux. En ce sens, les interventions des réseaux de la santé et les politiques publiques s’intéressent au vieillissement en santé. Aux personnes âgées d’améliorer et de préserver leur santé et leur bien-être physique, social et mental, et de conserver leur autonomie et leur qualité de vie, tout en favorisant les transitions harmonieuses entre les différentes étapes de leur vie. Le soutien aux organismes faisant la promotion de la participation sociale chez les aînés est, d’ailleurs, l’une des priorités de ce plan d’action. Le vieillissement de la population est une réalité qui nous concerne tous et qui nécessite d’être anticipée et préparée. Aujourd’hui, la France compte plusieurs millions de personnes de 65 ans et plus, parmi lesquelles 1,2 millions sont en perte d’autonomie. Et l’on sait que ce chiffre devrait au moins doubler d’ici 2060. Construire un avenir plus serein, participer au mieux vieillir, inventer de nouveaux modes d’accompagnement adaptés aux personnes en situation de dépendance sont autant de défis auxquels la Croix-Rouge française s’efforce de répondre chaque jour en accompagnant des milliers de personnes âgées au sein de ses établissements et services dédiés. 

Accompagnement des personnes âgées : faire de l’autonomie et du lien social une priorité

– Proposer des solutions adaptées aux besoins de la personne âgée et de ses aidants :

Qu’il s’agisse de faire face à un besoin ponctuel ou régulier, notre association propose aux personnes âgées et à leur famille des solutions modulables et sur mesure – prestations d’aide et de soins à domicile, accueil de jour, hébergement en établissement. Grâce aux services d’aide, de soins et d’hospitalisation à domicile, nous accompagnons chaque année 50 000 personnes malades ou en perte d’autonomie, dans le respect de leurs habitudes de vie et leur choix de continuer à vivre chez elles. Les Services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD) Croix-Rouge proposent aux personnes âgées une aide dans tous les actes de la vie courante, mais aussi dans leur vie sociale et relationnelle. Nos Services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) proposent quant à eux des soins infirmiers ainsi que des soins d’hygiène et de confort, permettant ainsi d’éviter un séjour à l’hôpital.

Au sein des Établissements pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), des personnes de plus de 60 ans en perte d’autonomie sont accueillies, pour qui la vie à domicile n’est plus possible afin de leur offrir un hébergement collectif et sécurisant, des soins adaptés et des animations sources de bien-être et d’épanouissement. Les responsables ont à cœur de développer des modes d’accueil diversifiés, hébergement permanent, temporaire, accueil en journée, qui permettent d’apporter aux familles des réponses souples et adaptées, favorisant le maintien de l’autonomie et du lien social, dans le respect de la singularité et de la dignité de nos résidents. Dans ce cadre, des dispositifs spécifiquement conçus pour accompagner les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et soutenir leurs proches en leur offrant un temps de répit à la fois bénéfique et nécessaire, ont été mis en place. 

– Une relation bienveillante avec les personnes âgées et leurs proches : 

Les équipes pluridisciplinaires se composent de professionnels qualifiés qui placent au cœur de leurs pratiques l’écoute, la bienveillance et le respect de la dignité des personnes âgées. En concertation avec les familles, elles mettent en œuvre un projet d’accompagnement personnalisé qui tient compte des souhaits et des habitudes de vie de chaque personne. À travers l’ensemble de ses établissements et services dédiés aux personnes âgées, l’ambition de la Croix-Rouge française est de maintenir l’autonomie des seniors le plus longtemps possible ainsi que de favoriser l’échange et le lien social, sources de bien-être et clés du bien vieillir.

Service de lien social en faveur des seniors isolés

Le service a pour but de remédier au confinement de la pandémie de Covid 19, qui est une problématique fondamentale de la personne âgée, généré par des causes diverses qui peuvent être multiples, appréhension, phobique de l’environnement extérieur, perte de désir, limitation des capacités de déplacement, troubles cognitifs, accessibilité. Cette situation, « symptôme », renforcée par l’isolement social, est aussi une situation pathogène qui va aggraver l’état de santé de la personne âgée, et l’exposer à des risques de perte de mobilité, de dénutrition, de repli sur soi, et à des troubles cognitifs, d’orientation spatio-temporelle et de communication. Ce service reçoit les demandes d’interventions des agents de lien social et les planifie. L’objectif principal de ce service est la lutte contre l’isolement qui se trouve être un fléau significatif du grand âge. Il s’inscrit dans une démarche de prévention de la perte d’autonomie. Il assure à la fois une mission de prévention primaire des risques et une veille pour le repérage des retraités particulièrement fragiles. Cet objectif étant de créer ou de recréer autour de la personne âgée un réseau relationnel ou occupationnel primordial pour lui permettre de retrouver une vie et un rôle social.
– Les publics ciblés par l’action : les personnes souhaitant rester à leur domicile ou n’étant plus en mesure de se déplacer et ainsi n’ayant pas de possibilité de participer à un projet de resocialisation car trop dépendantes ou trop âgées et celles ayant le désir de sortir du domicile et faire partie d’un groupe pour des animations collectives et des sorties culturelles, de loisirs et autre. Des sorties mensuelles (Chorale, sorties Musées, karaoké et Handivoile), ainsi que des ateliers récréatifs (le « Défi d’un Défilé », « La Bonne Cause », ateliers couture et tricot) sont organisés dans diverses structures de la Ville pour permettre à ces personnes de se rencontrer, d’échanger et par ce biais participer activement à une resocialisation. Le repérage des personnes se fait par le service lui-même par le biais du registre des personnes vulnérables ou bien par les différents services du CCAS, par le Service d’information et d’accompagnement des seniors, par le Service polyvalent d’Aide et de Soins à Domicile ainsi que par les partenaires extérieurs.

– Contexte : la canicule de 2003 a stigmatisé l’isolement de certaines personnes âgées. Pour y faire face, des dispositifs, comme la veille sociale, ont été institués. Mais le repérage des personnes à risque est toujours difficile. En créant le service de lien social, le CCAS de Nice s’emploie, par la proposition d’une prestation ludique et conviviale, sans connotation d’assistance, facile d’accès, sans engagement dans la durée, à orienter ses actions vers un nouveau public dont l’attente essentielle est justement d’alléger sa solitude. L’accès à la mise en œuvre d’actions plus pérennes et à la construction ou reconstruction d’un réseau relationnel s’établit aisément au travers de ce lien de confiance et de sympathie. Il va permettre à la personne prise en charge d’être désormais connue et identifiée. Créé en fin d’année 2004, ce service est un maillon indispensable entre le senior isolé, en risque de confinement et en perte d’autonomie, et les différents acteurs du CCAS ainsi que nombre de partenaires extérieurs.

Fonctionnement de l’action 

– Réception et évaluation de la demande : 
La demande d’intervention de l’agent de lien social peut émaner de notre service (Registre), du Service d’Information et d’Accompagnement des Seniors (service social seniors interne) ou du SPASAD gérés par le CCAS, du service social du CHU, des partenaires extérieurs divers (structures d’aide à domicile, associations). C’est le service de Lien social seniors qui reçoit les demandes d’intervention. Elles sont visées par la Responsable et remises directement aux agents concernés en fonction de la prestation demandée et du secteur géographique du bénéficiaire.

-Mise en place de l’intervention :

Les agents de lien social se rendent au domicile de la personne âgée. Durant cette première rencontre ils évaluent les besoins et élaborent un projet avec les bénéficiaires en fonction de leurs besoins et de leurs possibilités. Suite à cette visite, ils en référent à la responsable pour évaluer le rythme des visites et des actions à entreprendre en fonction des besoins.
Les dossiers sont à présenter en réunion hebdomadaire. Les agents doivent pouvoir avoir une certaine autonomie dans le poste. Une fiche de vacation sera remplie par l’agent avec le nom du bénéficiaire qu’il signera à chaque visite. Les agents de lien social utilisent les services existants du CCAS et des partenaires si besoin, pour mener à bien leurs missions.
Les interventions des agents sont gratuites.

– Le suivi de l’intervention :

Chaque agent formalise le suivi de ses actions grâce aux fiches de suivi de l’intervention. Des réunions d’équipe sont organisées une fois par semaine afin d’examiner les nouvelles prises en charge. Chaque agent assure sur son secteur une demi-journée de permanence par semaine (rencontre si nécessaire avec le public et permanence téléphonique).
L’agent de lien social aura pour mission de remobiliser une personne et l’accompagner pour une réinsertion sociale (club d’animation).
La responsable peut être amenée à effectuer des visites à domicile en soutien à l’agent si nécessité. La fin de l’intervention est fonction des besoins des usagers, elle est décidée en réunion hebdomadaire.

– Le bilan :

Intérêt pour les personnes âgées : ce service lutte contre le principal fléau du grand âge : l’isolement. C’est le « chaînon manquant » entre un réseau de services opérationnels de soutien à domicile et une personne âgée isolée, voire confinée, qui peut avoir du mal à engager ou simplement à exprimer une demande. Il valorise l’individu qui peut retrouver une vie et un rôle social. Par son intervention, l’ergothérapeute va remédier aux difficultés d’ordre physique. Il restaure également l’autonomie et la dignité, notamment en permettant aux personnes dépendantes d’assurer seules des actes intimes (toilettage, habillage). Cette démarche permet aux bénéficiaires de retrouver la confiance et une meilleure image d’eux-mêmes.

Intérêt pour les aidants ou soignants : ce service facilite considérablement leur tâche. L’intervention du psychologue est un soutien aux équipes en cas de difficulté avec un bénéficiaire. En tant qu’expert, il dispense des conseils pour faciliter et améliorer la prise en charge. L’agent de lien social, en luttant contre l’ennui, travaille à restaurer un meilleur moral, et à intégrer les intervenants dans le réseau relationnel. L’ergothérapeute améliore l’autonomie et allège la prise en charge.

Handicaps, incapacités, limitation d’activités et santé fonctionnelle

La sociologie, la psychologie et la médecine utilisent généralement des études longitudinales pour tester certaines thèses. L’analyse des données longitudinales est une méthode de recherche. Son objectif est d’analyser les variations des caractéristiques des mêmes individus sur une longue période de temps. Dans la plupart des cas, plusieurs années. Ainsi, nous parlons de certaines études qui ont examiné les effets du soutien social structurel et fonctionnel sur les changements du fonctionnement physique des personnes âgées de 70 à 79 ans sur une période de 7 à 10 ans. Un sociologue a décrit le processus du handicap et à établir une distinction conceptuelle entre pathologie, handicap, limitation fonctionnelle et déficience. Il a été le premier chercheur à proposer une vision sociale du handicap. Les principaux effets des variables relatives au soutien social et aux réseaux sociaux ont également été testés. Ainsi que leurs interactions avec le sexe, le revenu et les performances physiques initiales. Après contrôle des effets confondants potentiels, les répondants ayant plus de liens sociaux ont montré un déclin fonctionnel moindre.

Les effets bénéfiques des liens sociaux étaient plus forts pour les répondants de sexe masculin. Également pour ceux qui ont un niveau de performance physique initial plus faible. Les effets du soutien social et des réseaux sociaux physiques peuvent varier en fonction du sexe et des capacités physiques de base de l’individu. Les études sur le déclin fonctionnel chez les personnes âgées ne doivent pas ignorer cette variation de la population dans les effets des réseaux sociaux. Mais le fait est que le maintien d’une vie sociale active aide à vieillir en meilleure santé. Par conséquent, fréquentez ou encouragez les personnes âgées de votre entourage à fréquenter les églises, les groupes d’étude, les groupes de travail bénévole et les centres de coexistence.