Le vieillissement normal du cerveau

Le concept du vieillissement réussi réfère à l’individu vieillissant préservant de bonnes capacités physiques et mentales lui permettant d’être autonome et socialement actif. La recherche sur le vieillissement, d’une représentation axée sur le déclin et la détérioration de la condition physique et psychique des aîné(e)s a une vision davantage axée sur la prévention, l’adaptation et l’autonomisation, une redéfinition marquée par l’aspect social du vieillissement. Les recherches subséquentes dans le domaine des sciences sociales de même que les politiques gouvernementales mises en place à la suite de cette vision plus « positive » de la vieillesse et du vieillissement tendent à élaborer des stratégies permettant l’autonomisation des aîné(e)s de même que le maintien de leur santé et de leur bien-être. Le « bien vieillir » devient dorénavant un objectif, une obligation.

Que signifie un vieillissement réussi ? Lorsque vous pensez à ce que sera votre vie quand vous serez plus âgé, comment vous voyez-vous ?

La plupart des gens s’imaginent prendre soin de leur propre vie sans l’interférence majoritaire des autres. Cela signifie qu’il faut maintenir l’autonomie et l’indépendance. L’autonomie est la capacité d’exercer son libre arbitre. C’est comprendre les situations et prendre des décisions en fonction de ses propres valeurs et principes. Par exemple : s’occuper de ses propres finances, décider à quoi dépenser son propre argent. L’indépendance, quant à elle, est la capacité d’accomplir par soi-même toutes les tâches nécessaires au maintien de la qualité de vie. Il s’agit de faire la cuisine, de prendre un bain seul, de choisir ses vêtements et de s’habiller, etc. Pour que ces capacités soient maintenues, le cerveau doit être en bonne santé. Mais comme tous les autres organes de notre corps, le cerveau subit lui aussi les changements physiologiques naturels du vieillissement. Comment différencier le processus normal d’un processus pathologique ? Tout d’abord, il est important de savoir que l’âge améliore les fonctions cognitives liées au langage. En d’autres termes, une personne qui a vieilli en bonne santé a tendance à avoir un vocabulaire beaucoup plus étendu qu’une autre personne plus jeune. En revanche, la concentration et l’attention sont plus difficiles et l’apprentissage d’une nouvelle technologie plus tardif. Mais sans affecter leur Autonomie ou leur Indépendance. Vous pensez que quelqu’un a la maladie d’Alzheimer ? Comprendre les premiers symptômes de la maladie. Comprendre l’un des facteurs qui peuvent prévenir la maladie d’Alzheimer.

Physiquement parlant, au cours du vieillissement, le cerveau présente les modifications suivantes :

Masse cérébrale inférieure. À partir de la cinquième décennie de vie, le cerveau perd environ 4,5 grammes par an. Ainsi, à 100 ans, il est normal de perdre environ 20 grammes de masse cérébrale. Ce n’est pas un préjudice pour l’individu. Réduction de la densité des neurones. Il s’agit d’une légère diminution chez les personnes en bonne santé. Elle peut se produire par la perte de neurones ou par une réduction de la taille de ces cellules, qui rétrécissent. Dépôt de protéines amyloïdes. Elle se produit dans les régions corticales du cerveau sous forme de plaques extracellulaires ou avec accumulation dans les parois vasculaires. Généralement en plus petites quantités que chez les personnes atteintes de démence. Les enchevêtrements neuro-fibrillaires présents dans la région d’Hippocampe. Résultats microvasculaires. Les petits accidents vasculaires cérébraux laissent quelques vides localisés dans le cerveau. Ils surviennent surtout chez les personnes ayant des antécédents d’hypertension non contrôlée.  

Une neurogenèse bien réelle

Il y a récemment eu une petite découverte qui a fait une révolution. Beaucoup ont appris que l’on naît avec un certain nombre de neurones, et qu’ensuite on les perd au fil du temps. En réalité il y a une vraie neurogenèse : 1,75% des neurones se reconstituent à partir de rien pendant l’évolution, dans les zones de l’hippocampe et le cerveau émotionnel, pour affiner le fonctionnement du cerveau. Il y a donc deux grandes étapes dès le 28e jour, in utero, où le cerveau commence à se développer à une vitesse folle. Ensuite, le bébé naît avec un cerveau qui n’est pas encore à maturité. Il y a 100 grammes de circonvolutions et de connexions, de choses à mettre en place. On peut notamment observer la capacité de pouvoir reconnaître les parents, puis la capacité d’améliorer la praxie, d’arriver à s’asseoir, à tenir debout, tout cela sous-tend le développement du cerveau et la compréhension du langage qui commence à arriver avec des mots simples. Plus tard, le cerveau arrive, vers 4-5 ans, à un état de relative stabilisation. Ensuite, il se réveille au moment des processus d’adolescence. Ce qui explique que parfois certaines maladies comme la schizophrénie apparaissent à ce moment-là, lorsque le cerveau rentre dans sa phase de maturation finale, qui peut aller jusqu’à une trentaine d’années. C’est à ce moment que les pathologies et les fragilités de départ, qui se manifestaient peu, se mettent en route. C’est un vrai problème car la période fragile au niveau physiologique, c’est aussi la période nécessairement fragile au niveau des relations avec ses parents quand on est adolescent. Le cerveau est également en état de stress à cette période. Pour les adolescents, par exemple, le cerveau continue à se développer jusqu’à 25-30 ans. À l’entrée de l’adolescence, le cortex préfrontal, le grand organisateur cognitif-conscient-volontariste qui met de l’ordre dans tout ça et certaines zones du cervelet, sont des zones qui ne sont pas très bien développées. Le cerveau émotionnel occupe plus de place, ce qui explique le paroxysme d’explosivité, la difficulté de tenir les journées à l’école, etc.

Des choses qui font du bien et un stress limité pour le bien-être de son cerveau

Le cerveau féminin atteint son pic maturité de 1 à 3 ans avant celui des hommes. Après 80 ans, le cerveau masculin s’atrophie plus vite que le cerveau féminin. À tel point qu’il y a une étude sur la maladie d’Alzheimer qui cite comme facteur de risque simplement le fait d’être un homme. Le cerveau évolue tout le temps, et cette neurogenèse qu’on n’imaginait pas, c’est une chose relativement récente. Au-delà de ça, tout ce qui compte beaucoup c’est la substance blanche, les capacités de connexion ou ce qu’on appelle la plasticité neuronale qui continue à se développer. Après 50 ans, le cerveau commence à vieillir. Peut-on améliorer le cerveau ? Ça a l’air bête, mais il suffit de faire des choses qui font du bien et de limiter le stress. Notamment le stress moléculaire, donc les abus en général en alcool, en drogue, en d’autres substances. Des études ont été faites aussi au sujet des Oméga 3 et Oméga 6, d’avoir une activité physique, d’exercer son cerveau, de garder le sens de la créativité car cela est important à chaque moment de la vie. Cette plasticité neuronale est au cœur du fonctionnement du cerveau, qui n’est pas une sorte d’ordinateur avec une carte mémoire très puissante. On le voit auprès de personnes qui récupèrent après un AVC par exemple. Ce sont des phénomènes de reconstruction qui permettent d’emprunter des « contre-allées » et de continuer à fonctionner. On reconstruit des routes en permanence. Dans la culture universelle, on médicalise beaucoup les choses. Mais dans certaines cultures, comme les cultures asiatiques, on considère que finalement l’évolution est bien faite et que quand on vieillit on perd un peu la mémoire immédiate, mais on garde la mémoire ancienne. Ce qui permet de transmettre quelque chose, car quand on est vieux le temps de vie se réduit et l’évolution du cerveau fait qu’on ne peut se concentrer finalement que sur des choses bien ancrées qu’on peut transmettre aux générations suivantes. C’est une version un peu plus poétique que la maladie d’Alzheimer.